Derrière la plage de Voidokilia, séparée de la mer par un cordon de dunes, s’étend la lagune de Gialova. Qui passe en voiture la voit comme une étendue d’eau peu profonde et immobile, presque anonyme. En réalité, c’est l’une des zones humides les plus importantes de la Méditerranée, et la plus méridionale de toute la péninsule balkanique.
Pourquoi elle est si importante
La raison tient à la géographie. La lagune se trouve exactement sur la route migratoire qui relie l’Afrique à l’Europe : pour de très nombreuses espèces, c’est la première halte après la traversée de la Méditerranée, ou la dernière avant de l’affronter. Sur un mouchoir de poche se concentre ainsi une densité d’oiseaux qui n’existe nulle part ailleurs.
Les espèces recensées dépassent les deux cent cinquante : flamants roses, hérons, échasses blanches, balbuzards pêcheurs, canards, limicoles de toutes sortes. La composition change radicalement avec les saisons, et c’est ce qui rend la lagune intéressante à toute période de l’année.
Le caméléon
La curiosité la plus connue concerne toutefois un reptile. Dans la zone de la lagune vit une population de caméléons africains, la seule présence stable de cette espèce en Europe. L’apercevoir est tout sauf facile, car il est mimétique, lent et farouche, mais savoir qu’il est là change la façon dont on regarde le maquis autour des sentiers.
Comment la visiter
On fait le tour de la lagune à pied par les sentiers qui la longent, sans difficulté. Les meilleurs moments sont l’aube et la fin d’après-midi, quand les oiseaux sont actifs et que la lumière sur l’eau calme est à son plus beau. Des jumelles changent complètement l’expérience : sans, on voit des formes lointaines ; avec, on voit ce qu’il y a vraiment.
Les meilleures saisons sont le printemps et l’automne, quand le passage migratoire est intense. En été, l’activité diminue et les heures centrales sont impraticables, mais une promenade au coucher du soleil reste agréable, avec un répulsif anti-insectes en poche.
Un système unique
Il vaut la peine d’embrasser l’ensemble du regard : dunes, lagune, plage et promontoire du château de Navarin forment un système naturel continu, protégé par le réseau européen Natura 2000. C’est la raison pour laquelle Voidokilia n’a aucune plage aménagée et la lagune aucune construction, une chance rare sur une portion de côte aussi belle.
Quand observer, et quoi
La composition de l’avifaune change avec le calendrier, et savoir à quoi s’attendre aide. Au printemps passent les migrateurs en route vers le nord, souvent en grandes volées et sur de courtes périodes : c’est la saison la plus spectaculaire, mais aussi la plus imprévisible. En automne, le passage est plus étalé et dure plus longtemps.
En hiver, la lagune accueille des populations hivernantes, avec des canards et des limicoles qui restent des mois ; en été, l’activité est réduite et les espèces sédentaires constituent l’essentiel de ce que l’on voit. Le flamant rose, qui est l’image associée à la lagune, est présent à certaines périodes et pas à d’autres : il n’est pas garanti, et il est bon de le savoir à l’avance.
Gialova, le village
Le village de Gialova se trouve sur la baie de Navarin, non loin de la lagune qui porte son nom. C’est une petite localité avec son front de mer et ses tavernes tournées vers l’eau, qui s’est développée ces dernières décennies comme base pour ceux qui fréquentent cette portion de côte.
C’est l’endroit naturel où s’arrêter après une matinée d’observation des oiseaux ou une journée à Voidokilia : il se trouve à mi-chemin entre les deux, et la vue sur la baie depuis le front de mer est l’une des plus vastes du secteur.
Un équilibre fragile
Les zones humides méditerranéennes comptent parmi les milieux qui ont subi les plus grandes pertes au cours du siècle dernier, asséchées pour gagner des terres agricoles ou constructibles. Qu’il en subsiste une d’une telle importance à Gialova, avec la plage et les dunes encore intactes devant elle, est le fruit de choix de protection précis et relativement récents.
Pour le visiteur, cela se traduit par quelques règles de bon sens : rester sur les sentiers, ne pas entrer dans les roselières, ne pas faire voler de drones au-dessus de l’eau et tenir les chiens en laisse. Ce sont ces mêmes gestes qui permettront à ceux qui viendront l’an prochain de voir ce que nous voyons aujourd’hui.
À quelques kilomètres de la lagune
Depuis la maison, Gialova et Voidokilia sont à quelques minutes en voiture : on part à l’aube avec les jumelles et l’on rentre pour le petit-déjeuner au jardin.
Et dans la maison, vous trouverez l’huile d’olive vierge extra et le savon faits avec les olives de notre oliveraie.