Ce n’est pas un hasard si la place principale de Pylos s’appelle place des Trois-Amiraux et accueille un monument à trois figures : ici, dans la baie qui s’étend devant la ville, s’est livrée l’une des batailles navales décisives de l’Europe du XIXe siècle. Et chaque année, en octobre, la ville la commémore.
Ce qui s’est passé dans la baie
En octobre 1827, pendant la guerre d’indépendance grecque, les flottes alliées de Grande-Bretagne, de France et de Russie entrèrent dans la baie de Navarin, où mouillait la flotte turco-égyptienne. L’affrontement, qui n’avait pas été planifié comme une bataille rangée, se solda en quelques heures par la destruction presque complète de la flotte ottomane.
L’issue eut des conséquences énormes : privée de la maîtrise de la mer, la position ottomane dans le Péloponnèse devint intenable, et la voie vers la reconnaissance de l’indépendance grecque s’ouvrit. Les trois amiraux à qui la place est dédiée, l’Anglais, le Français et le Russe, sont les commandants de ces flottes.
La commémoration
Chaque année, en octobre, Pylos consacre plusieurs journées de célébrations à cet anniversaire. Le programme comprend généralement des cérémonies officielles en présence des autorités et des représentations diplomatiques des pays concernés, un dépôt de gerbes au monument de la place, des offices religieux et des moments musicaux. Certaines éditions prévoient aussi des visites guidées et des initiatives liées au Niokastro.
Ce n’est pas une fête folklorique et il ne faut pas la chercher comme telle : c’est une commémoration, avec le ton que cela implique. Mais c’est aussi l’un des rares moments où une petite ville de province grecque accueille une présence internationale, et où la place se remplit de monde.
Pourquoi octobre est une bonne idée
L’anniversaire tombe à une période qui, pour qui visite la Messénie, compte parmi les plus agréables de l’année. Les températures sont douces, la mer est encore tiède après l’été, les plages sont vides et le prix des déplacements baisse. Voidokilia en octobre n’a rien à voir avec le mois d’août : on peut l’avoir presque pour soi.
C’est aussi la période où commence, à la campagne, la récolte des olives, et toute la province change de rythme. Qui vient à cette saison découvre une Messénie moins touristique et plus fidèle à elle-même.
Pourquoi la baie était l’endroit idéal pour une flotte
La baie de Navarin est un port naturel presque fermé : l’île de Sphactérie s’étire devant l’ouverture comme une barrière, ne laissant que des passages étroits à ses deux extrémités. Pour une flotte à voile du XIXe siècle, c’était un mouillage idéal, abrité de presque tous les vents. C’est précisément cette caractéristique qui se transforma en piège : une fois les navires alliés entrés dans la baie et le combat engagé, ceux qui étaient au mouillage n’avaient presque aucune marge pour manœuvrer.
Qui monte au Niokastro et regarde en contrebas comprend le déroulement des faits sans avoir besoin d’explications. C’est l’un de ces cas où voir le lieu vaut mieux que lire le récit.
Les lieux liés à cette histoire
Outre le monument de la place des Trois-Amiraux, la forteresse du Niokastro abrite des espaces d’exposition où sont évoquées la bataille et l’histoire navale de la baie. Sur l’île de Sphactérie, accessible uniquement par la mer, se trouvent en outre des monuments dédiés aux morts des différentes nations engagées.
Les sorties en bateau depuis le port de Pylos, quand la saison et la mer le permettent, font le tour de l’île et offrent sur la baie le point de vue de ceux qui y entrèrent à l’époque. Là aussi, disponibilité à vérifier sur place.
De la maison à Pylos, il faut une vingtaine de minutes en voiture : un week-end d’automne en Messénie, avec la commémoration pour prétexte, est l’une des meilleures façons de découvrir la région.
Octobre en Messénie
Hors saison, la maison reste l’endroit idéal : climatisation, cuisine équipée et jacuzzi au jardin, avec des plages enfin désertes.
Et dans la maison, vous trouverez l’huile d’olive vierge extra et le savon faits avec les olives de notre oliveraie.